CHB : le dossier

Le projet CHB en quelques mots…

Cet espace du site est consacré à la présentation des enjeux autour de la liaison routière Cerexhe-Heuseux et Beaufays et des mobilisations associatives et citoyennes auxquels il a donné lieu. De quoi s'agit-il ? D'abord en bref, puis de manière plus détaillée. Plus bas, vous pourrez découvrir une action de lobbying menée par Pierre Courbe, chargé de mission mobilité à IEW :  une « suggestion de résolution alternative » pour l’abandon du projet CHB. 

La liaison CHB est un projet de tronçon autoroutier entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays ( à l’est de Liège). Une idée désuète qui date des années 60. Le tronçon traverserait des zones naturelles relevées pour leur intérêt biologique ( 1 ). En plus du désastre environnemental qu'elle produirait, d’autres nuisances d’une importance capitale en découleraient: problèmes de mobilité, exode urbain (Liège et Verviers), périurbanisation massive,... Les avantages de cette liaison? Nous les cherchons toujours. C’est pourquoi nous restons convaincus de son inutilité et de l’importance de conserver cette zone naturelle. Il est toujours possible de relier deux points en ligne droite. Si nous relions tous les points possibles d’une carte, celle-ci disparaît sous les routes…

Pour en savoir plus…

Son origine.

La liaison CHB est un projet suggéré dans les années 60 par le gouvernement national. A cette époque, la route était considérée comme un facteur de développement important (la voiture était reine et le pétrole bon marché!) et un "ring" se devait d'exister pour chaque ville digne de ce nom. Dans le cas de Liège, la liaison entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays était alors considérée comme un maillon de ce ring (tout en étant également un « maillon manquant » de l’autoroute devant relier Rome à Amsterdam).

Une zone de réservation en pleine nature.

La zone traversée par cette liaison est soulignée par les scientifiques pour sont intérêt biologique ( 1 ). En 1983 une « zone de réservation » fut inscrite pour la liaison CHB lors de la mise en place du plan de secteur de Liège ; cette zone a été maintenue jusqu’à ce jour, en dépit de la spoliation des propriétaires concernés. Par la suite une partie de ce territoire a été répertoriée dans le plan européen de protection "Natura 2000", mais elle n’a pu y être reprise, suite à l’intervention de la Région wallonne, pour cause de projet CHB...

Un projet “mort-vivant”.

Il fut repoussé maintes fois à cause du manque crucial de budget (estimation (2007) : 600 000 euros), et il fut même supprimé par un ministre (non « principautaire »). Lors de l’inauguration du tunnel de Cointe (Liège) en 2000, le ministre Darden fit part de sa volonté ferme de réaliser le projet CHB. Un budget fut effectivement consacré à une étude complète par un prestigieux bureau liégeois, suivie de l’étude d’incidences sur l’environnement (fort critique) ( 2 ), mais le projet fut bloqué par l’empêchement du gouvernement wallon à la suite de l’aboutissement de recours menés au nom des riverains par des associations de défense de l’environnement (Groupement CHB, IEW, etc.). Ces recours durent être menés jusqu'à la cour de justice européenne.

Les problèmes qu’induiraient cette laison.

De nos jours, il est important de se rendre compte que ce projet est dépassé, et qu’en plus du désastre environnemental prévisible, d’autres problématiques doivent être prises en compte de façon tout aussi urgentes. En voici deux exemples importants.

L'exode urbain et la periurbanisation: Promenez-vous quelques instants dans les villes de Liège et de Verviers et vous réaliserez que, malgré des efforts importants réalisés dans ces villes, un véritable exode urbain se produit. Il compromet l'équilibre indispensable aux niveaux économique et sociétal. La liaison CHB est généralement implantée en zone verte, et compte  2 échangeurs et 4 sorties pour 12,5 km de tronçon. Elle serait un facteur d’amplification de l’exode urbain et en contrepartie de périurbanisation, cause, entre autres, de surinvestissements publics et privés (nouveaux espaces à bâtir avec les avantages de la ville à la campagne, centres commerciaux, développement en infrastructures routières et impétrants, transports publics, etc.).

Les problèmes de mobilité: Lorsque l'on crée une nouvelle route (ex dernier maillon manquant), celle-ci attire la circulation, mais malheureusement pas au détriment d'autres axes routiers, c'est ce que les spécialistes appellent "l'effet d'appel". La création de nouvelles routes incite à l'utilisation plus forte de la voiture. Dans le cas de la liaison CHB, il est démontré ( 3) que le trafic augmenterait fortement sur les axes environnants le tronçon et ne désengorgerait en rien la ville de Liège (la liaison nord (entre Loncin et Cheratte), le tunnel de Cointe, ou encore les quais de la dérivation).

Tout cela pour 12,5km de liaison?

Oui, il existe un problème de mobilité à Liège, mais il est temps d'avoir une vision plus globale et de prendre des décisions appropriées qui n'entrainerait pas d'autres problèmes. Redynamiser positivement les villes, développer un réseau de transports en communs efficace, préserver la qualité de l'air notamment via de vraies zones vertes, protéger les quelques lieux exceptionnels encore existants que la nature nous offre, lutter efficacement contre les changements climatiques, voici quelques défis urgents auxquels la société actuelle doit d’urgence faire face. Chacun, aujourd’hui mais aussi demain a droit à une qualité de vie digne de ce nom. Un projet comme celui de la liaison CHB met fondamentalement à mal ce droit.

 

CHB : l’occasion d’un nouvel exercice de démocratie

Le 08 septembre 2015, six député(e)s du groupe MR au Parlement wallon déposaient une proposition de résolution « relative au chaînon manquant Cerexhe-Heuseux-Beaufays » (PDF).

Ce « chaînon manquant » (vocable fort peu approprié à la situation wallonne, une des régions d’Europe où le réseau (auto)routier est le plus dense) est bien sûr la « liaison CHB » qui nous occupe ici.

IEW a tenu à faire valoir ses arguments en utilisant la possibilité qu’ont désormais les citoyens et organisations de déposer un avis sur divers documents parlementaires à partir de cette page du site du parlement.

Le site du Parlement permet de déposer un avis de 5.000 signes maximum, mais également de joindre un ou plusieurs fichiers. IEW a donc joint à son avis une « suggestion de résolution alternative » pour l’abandon du projet CHB. Les arguments qui y sont développés sont relatifs tant au contexte général (émissions de gaz à effet de serre, importations de pétrole, état du réseau routier wallon) qu’aux aspects spécifiques du projet (incidences sur la mobilité, la biodiversité, …). 
Sur base de son argumentaire, IEW demande au Gouvernement wallon de :

  • Accepter le constat (déjà posé par l’OCDE en 1996) du caractère non soutenable de l’actuel système de mobilité.
  • Reconnaître que la réduction de la demande doit être à la base d’une stratégie de mobilité durable.
  • Exprimer clairement et sans détour sa volonté de rompre avec la politique passée de développement du réseau (auto)routier.
  • Supprimer du plan de secteur la zone de réservation relative au projet CHB.
  • Mettre un terme à toutes les procédures administratives visant à la concrétisation du projet CHB.

En espérant que ces réflexions permettent d’enrichir le débat parlementaire et, plus largement, le débat public.

Suggestion de résolution alternative pour CHB : une « suggestion de résolution alternative » pour l’abandon du projet CHB